Ce qui caractérise et détermine la qualité d'un film de Bollywood, c'est la danse. Associées à une bande son qui fonde son succès sur des scenarii d'histoire d'amour socialement controversées et de cœurs qui se lamentent en l'absence de l'être aimé, les chorégraphies ont pour mission d'évoquer ce qui ne peut être montré ou dit ouvertement dans le cinéma indien. C'est alors la danse, et tout ce que les chorégraphies, plus ou moins osées, connotent, qui permettent de déjouer une commission de censure encore dotée d'un très fort pouvoir d'influence dans l'industrie cinématographique locale. Cette commission proscrit toute démonstration d'affection jugée trop explicite, telles que les baisers, ou les scènes équivoques considérées comme ostentatoires conséquemment à la présence de décolletés. Ainsi, seule la danse bénéficie d'un certain laxisme en ce qui concerne son encadrement ; ceci cristallise une forme assez forte, car très visuelle, de liberté d'expression, qui confère tout son pouvoir à la danse issue de l'industrie cinématographique indienne.

C'est au début de années 40 que le rôle conféré aux chorégraphies devient de plus en plus important dans le cinéma indien. Les critères de sélection des actrices évoluent en passant de leur capacité à jouer la comédie, à leur aptitude à mémoriser et reproduire des enchainements rythmés. C'est ensuite dans les années 70 que les caractéristiques des films Bollywood se cristallisent définitivement et permettent à l'industrie de se hisser auDeux femmes dansent dans un film Bollywood rang de plus gros producteur mondial avec plus de 800 films par an. 

 


Les films Bollywood sont considérés en Inde comme étant un moyen d'évasion et de rêve, et pour cause, aucune retenue n'est notable dans les salles de cinéma où le public interagit avec les personnages en commentant à voix haute ce qui se passe à l'écran, et en n'hésitant pas à se lever pour s'offusquer d'une situation injuste ou d'une déconvenue dont le héro serait la victime. Les films Bollywood évoluent souvent selon un schéma narratif similaire : ils ont lieu dans des décors fastueux, les sujets abordés sont des histoires de familles, des problèmes de castes se mêlant à des amours contrariées ou impossibles, les morceaux dansés sont aussi chantés, et il y a en moyenne 6 danses chantées par film. Ce sont donc ces séquences dansées et chantées qui ont contribué à la popularité du cinéma Bollywood en Europe, plus que la similarité des scenarii ou la crédibilité des personnages.

Après avoir insisté sur le caractère crucial de la présence de la danse dans un film de Bollywood, il s'agirait désormais de comprendre comment le Bollywood s'est érigé en un style de danse indépendant du secteur qui l'a vu naître.

 

Tout d'abord, l'appellation « danse Bollywood », qui est un cours que nous proposons à Sita, ne désigne pas un style de danse en particulier mais peut être plutôt considéré comme une danse « masala » (terme hindi désignant le « mélange » ou la « combinaison »). En effet, de nombreux styles de danse, qu'ils soient occidentaux (techno, break, latino...) ou orientaux et indiens (danse du ventre, folklorique, classique...) peuvent être combinés et agencés d'un point de vue chorégraphique selon la fonction remplie par la séquence dansée. C'est de cette manière que le cinéma indien développe son aspect fédérateur : il attire des publics très divers avec de l'émotion, de l'action, de la comédie et des séquences dansées et chantées qui assimilent et s'approprient elles mêmes des styles de danses hétéroclites susceptibles d'atteindre et de trouver une résonnance chez tout type de public. Le Bollywood est un miroir déformant de la réalité indienne dans la mesure où il en représente une vision enchantée et fantasmée, mais tout de même très appuyée sur des thèmes de société structurant l'identité indienne, tels que la famille notamment.
Aujourd'hui, Aishwarya Rai, Kajol et Kareena Kapoor sont les actrices et danseuses de Bollywood les plus connues en Inde et à l'international, tandis que Aamir Khan, Shahrukh Khan, Salman Khan et Hrithik Roshan Madhuri Dixit dansant le Bollywood. Source : Moviezadda.sont les grands noms masculins du cinéma Bollywood. Ceci dit, Madhuri Dixit demeure l'une des plus grandes actrices de tous les temps en Inde et ses talents d'actrices et de danseuse, qui lui ont permis de remporter de nombreuses récompenses, sont qualifiés d'intemporels.

 

Le cinéma Bollywood s'est progressivement mué en ambassadeur de toute l'identité d'un pays, à travers toutes ses richesses et ses contradictions. D'un côté ce cinéma ne circule pas énormément dans le monde, mais tout le monde sait ce qu'est un film indien : Bollywood est un style à part entière et possède une façon d'évoquer la réalité qui lui est propre. L'Inde a exporté toute une marque à travers ce cinéma. Bollywood est donc devenu un terme qualifiant danses, rencontres et festivals qui n'ont un lien que de près ou de loin avec le cinéma. Une très forte identité culturelle a été développée grâce au cinéma, car avant même que l'Inde ne soit devenue un Etat émergent, le pays avait déjà un cinéma qui était clairement identifié et identifiable car très particulier. Ce statut est spécifique à l'Inde dans la mesure où les pays qui développent leur cinéma sont déjà des pays développés, comme la Chine par exemple.

Ce style dansé et chanté qui caractérise le Bollywood, fascine au delà des frontières indiennes, puisque toutes les nationalités se retrouvent lors des cours de danse Bollywood donnés à Sita. Il s'agit en effet d'un spectacle total qui s'inspire du théâtre farsi (Perse) et de la prédominance de l'image dans la culture hindoue où le visuel est un moyen d'expression très fort. On trouvait donc déjà des prédispositions culturelles à l'établissement de la danse comme pilier dans les films Bollywood. Par exemple, Krishna, l'un des dieux les plus importants de la cosmologie hindouiste, danse. Aussi, en Inde il existe cette navigation permanente entre un monde fantasmé à base d'images, de danse et de chants, et la réalité. Tout cela fait partie de la religion, des coutumes, del'art de vivre et confère donc à la danse issue du cinéma de Bollywood une influence considérable dans la culture indienne.

Bien sûr des variantes sont notables dans l'art de la danse Bollywood, dû au facteur géographique qui influe en premier lieu sur la production cinématographique. Ainsi, on ne parle pas de Bollywood dans le sud de l'Inde, mais plutôt de Kollywood. Il s'agit du nom du cinéma en langue tamoule produit à Chennai. Comme pour « Bollywood », « Kollywood » est un terme qui combine les noms « Kodambakkam » (le quartier de Chennai dans lequel sont implantés les studios de cinéma), et « Hollywood ». Contrairement aux idées reçues, ce n'est pas le cinéma de Bollywood qui produit le plus grand nombre de films en Inde, mais bien celui de Kollywood. Les moyens y sont moindres et la communication autour de la sortie des films peut en pâtir en termes de notoriété, mais la production est plus régulière, voire continue. Les actrices Asin, Genelia Dsouza, Shriya Saran, Trisha Krishnan et Sada, sont actuellement les actrices les plus reconnues du cinéma Kollywood et sont capables de passer d'une production Kollywood tournée en Tamoul, à une production Bollywood tournée en Hindi, ou encore à un film Mollywood dont la langue est le malayalam. Ce polyglottisme est caractéristique de la versatilité et de l'adaptabilité des acteurs indiens qui sont capables, de jouer et chanter dans plusieurs langues. Et parmi les grands acteurs du cinéma Kollywood : Shivaji Rao Gaekwad, dit Rajinikanth, occupe leRajinikanth : acteur fétiche du pays statut de superstar. Depuis le début des années 1990, la quasi totalité des films dans lesquels il a tourné se sont avérés être de gros succès commerciaux. Ce qui fait de lui l'acteur asiatique le mieux payé après Jackie Chan.

 

 

Les grands principes du cinéma Kollywood sont les mêmes que ceux du Bollywood où les films comprennent d'importantes séquences chantées et dansées, ceci dit même si les sujets abordés sont globalement les mêmes et que le schéma narratif comprend toujours les mêmes composantes, certaines danses qu'elles soient traditionnellement nées dans les régions où sont produits les films, ou simplement culturellement plus installées et pratiquées, seront davantage utilisées dans les films Kollywood, Bollywood, Lollywood ou Mollywood. En effet, le Barata Natyam qui est la danse classique traditionnelle du Tamil Nadu, sera plus utilisée dans les chorégraphies des films Kollywood que Bollywood. Alors que le Kathak, qui est une danse traditionnelle du nord de l'Inde, aura plus tendance à être mobilisée dans les chorégraphies des films Film d'action bollywood Bollywood. Tout comme l'Odissi originaire de la région de l'Orissa. Par ailleurs, des thèmes et des chorégraphies évoquant l'armée et les combats seront différemment abordés et mis en scène dans les films Bollywood et Kollywood.En effet, les scènes de bagarre seront beaucoup plus violentes et explicites dans le cinéma de Kollywood où les protagonistes se bâteront avec des armes, que dans le cinéma de Bollywood où les affrontements se feront à mains nues et chorégraphiés de manière à heurter l'adversaire en douceur.

Le Mollywood, pour sa part, est associé à la production cinématographique de la région de Kochi et se distingue surtout du reste de l'industrie indienne par la langue dans laquelle sont tournés les films : le malayalam. C'est d'ailleurs une fois de plus la contraction de Malayalama et Hollywood qui a vu naître le terme Mollywood. Quant au Lollywood, il s'agit du cinéma provenant de la République Islamique du Pakistan. Le terme s'est constitué pour la première fois au cours de l'été 1989 à partir de la contraction de la première lettre de la ville de « Lahore » et de l'habituel « Hollywood ».Enfin, il existe également, le « Tollywood », le cinéma produit dans l'ouest du Bengale qui tient son nom de la langue dans laquelle les films sont tournés : le Tollygunge. Il s'agit d'une production plus effacée, mais ce retrait n'empêche pas ce secteur de fournir de nombreux talents au Bollywood et au Kollywood.

Scène de danse Bollywood extraite du Film Slumdog Millionnaire

Grâce à ce panorama de l'industrie cinématographique indienne, vous êtes désormais en mesure de saisir l'importance de la danse au sein d'un film, ainsi que la puissance des messages que la danse Bollywood permet de transmettre en combinant différents styles de chorégraphies. Ce sont d'ailleurs ces différents styles qui permettent à tous les publics de se retrouver dans la pratique de cette danse. Donc si vous n'avez encore jamais tenté de vous déhancher en dansant le Bollywood, n'hésitez pas à pousser la porte de Sita, nous pouvons vous assurer que vous y trouverez votre compte !

 

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